Moubarack Lo : « L’Etat pourrait intervenir à travers l’amélioration de l’environnement des affaires, des infrastructures et des incitations »

 Moubarack Lo : « L’Etat pourrait intervenir à travers l’amélioration de l’environnement des affaires, des infrastructures et des incitations »

Moubarack Lo, DG du Bureau de Prospective Économique au Secrétariat Général du Gouvernement, sur la relance économique 

« L’Etat pourrait intervenir à travers l’amélioration de l’environnement des affaires, des infrastructures et des incitations »

Même si l’Etat se montre disposé à déployer des efforts pour la relance économique post-COVID, il a des limites objectives qu’il ne pourra pas franchir, d’après Moubarack Lo. Le directeur général du Bureau de Prospective Économique (BPE) au Secrétariat du Gouvernement souligne que le Sénégal est confronté à une capacité limitée de mobilisation de ressources. Ainsi pour donner un coup de pouce à la relance économique, l’Etat pourrait intervenir à travers l’amélioration de l’environnement des affaires, le développement des infrastructures, du capital humain et l’amélioration des incitations.

Sauvetage du tissu économique

« Pour la relance des activités économiques, l’Etat a déjà fait des efforts, en tout cas, pour favoriser le sauvetage du tissu économique, avec notamment des facilités fiscales ou la mobilisation de ressources nouvelles pour accompagner les entreprises. Et des subventions ont été accordées à certaines d’entre elles et des garanties pour d’autres. Il faudrait donc poursuivre dans la même dynamique tout en sachant que l’Etat lui-même a des contraintes, parce qu’il y a la contrainte de mobilisation des ressources internes. En effet, si l’activité économique baisse, cela entraîne un amoindrissement des ressources fiscales. Et au niveau des prêts, le pays s’approche de l’objectif de 70 % du PIB, qu’il peut toujours franchir dans ce contexte, parce que comme vous le savez, les critères de convergence de l’UEMOA ont été suspendus.   

Crédibilité à maintenir

Malgré tout, pour la crédibilité de la signature du pays, le Sénégal, qui est un acteur relativement dynamique sur les marchés financiers régionaux et parfois mondiaux, doit fait attention à maintenir sa crédibilité. Il fera donc tout pour ne pas dégrader ses notations. Cela est une contrainte très forte, qui fera que les possibilités d’intervention de l’Etat seront forcément limitées.

Nouvelle politique industrielle

Maintenant, au-delà du soutien financier, l’Etat peut toujours agir à travers d’autres canaux comme la redéfinition des politiques d’appui. Parce qu’aujourd’hui, si le secteur privé veut évoluer, il faudra que l’Etat guide les actions dans certains domaines, par exemple au niveau industriel, avec la définition d’une nouvelle politique industrielle. Cela permettra au secteur privé d’avoir plus de visibilité sur les orientations à long terme et de pouvoir prendre des initiatives dans ce cadre.

Rôle du secteur privé dans la relance

Il y a également le rôle des structures d’appui publiques qui pourront aussi accompagner, plus que par le passé, le secteur privé pour lui permettre de jouer son rôle dans la relance. En outre, on peut citer aussi les actions dans le domaine des infrastructures ; ce qui est un appui indirect qui est accordé au secteur privé. Cela permettra par exemple d’aménager des zones industrielles, d’accélérer la réalisation de Zones Economiques Spéciales (ZES). Si vous prenez la zone qui est à Diamniadio, les financements sont déjà acquis ; il faut accélérer la réalisation.

Contraintes pour la mobilisation des ressources

Et pour les zones qui ont été déjà mises en place, il s’agit juste de trouver les moyens de pousser les développeurs et les promoteurs de ces zones comme celle de Diass et celle de Sandiara à accélérer leur développement. L’action de l’Etat est multiple. Je cite juste quelques éléments, mais l’élément clé est que la capacité de l’Etat à mobiliser des ressources est confrontée à des contraintes. Ce sera sans doute par d’autres actions d’amélioration de l’environnement des affaires, de développement des infrastructures, du capital humain et d’amélioration des incitations que l’Etat pourrait intervenir ».

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