Le Sénégal dopé par les découvertes de pétrole et du gaz

 Le Sénégal dopé par les découvertes de pétrole et du gaz

Distribution de produits pétroliers

Le Sénégal dopé par les découvertes de pétrole et du gaz

La Société Africaine de Raffinage (SAR) reste le maillon central du secteur de la distribution des produits pétroliers au Sénégal. Elle est appelée à être la pièce maîtresse du secteur dans les années à venir avec l’avènement de l’exploitation du pétrole et du gaz sénégalais. Ce marché qui n’est pas sans écueils, reste  l’un des plus dynamiques de la sous-région Ouest-africaine avec de plus en plus d’innovations dans les offres des distributeurs.

Le secteur de la distribution des produits pétroliers devrait connaître une fière allure dans un proche avenir. Selon  Mohamed Abdallahi Seck, directeur Général de Sahel Distribution avec la découverte du pétrole et du Gaz au Sénégal et sa mise en exploitation à l’horizon 2021-2022, cette nouvelle donne va « changer radicalement le visage du Sénégal ». Ainsi donc, le Dg de Sahel Distribution pose la question de savoir « sommes-nous prêts à cette éventualité ? ». Parlant de la consommation des produits pétroliers au Sénégal, M. Seck constate qu’ils sont en constant accroissement. Ceci est la résultante de l’allongement des villes et l’apparition de nouvelles zones d’habitation. Selon le Dg de Sahel Distribution, les distributeurs de produits pétroliers suivent le rythme en installant des stations pour assurer la demande des populations en produits pétroliers. « Nous assistons de plus en plus à un renforcement du réseau de distribution des produits pétroliers et ces cinq dernières les points de vente ont été pratiquement doublés », annonce M. Seck. Il ajoute que la conséquence de ce phénomène est l’absorption totale de la production de la SAR (Société Africaine de Raffinage) et des importations. Dans les détails, il révèle qu’il y a une augmentation de la consommation de super de l’ordre de 400 à 500 tonnes par an, ce qui se traduit par une croissance du marché sénégalais des produits pétroliers de 5% chaque année. Toutefois, le Dg de Sahel Distribution estime qu’il faut nécessairement une révision de la structure des prix et des marges  des produits pétroliers au Sénégal.

Régulation et révision de la structure des prix

« Nous sommes gênés, nous distributeurs de voir que régulièrement, l’Etat est déficitaire par rapport à la vente des produits pétroliers », déplore le Dg de Sahel Distribution. D’après lui, « depuis 35 ans le marché est rythmé par des tensions et des pressions et il faut sortir l’Etat du Sénégal de cet endettement chronique ». L’Etat fait des efforts, mais, il faudrait que nous distributeurs que nous arrivions à régler ce problème-là, clame le Dg de Sahel Distribution. Il plaide par ailleurs, pour  la mise en place d’une Commission de régulation dans le secteur des hydrocarbures, comme à l’instar du secteur de l’électricité. Selon M. Seck, il faut prendre les devants en mettant en place des infrastructures modernes et fonctionnels, car avec les nouvelles découvertes de pétrole et de gaz, les distributeurs indépendants qui s’approvisionnent exclusivement à la SAR, espèrent avoir moins de tensions. Ainsi, il soutient que ce sera plus intéressant de raffiner le pétrole brut ici au Sénégal. Pour lui, le maintien de la SAR n’est plus un débat, car les distributeurs sénégalais indépendants s’approvisionnent exclusivement au niveau de cette dernière. Si la SAR  connaît des tensions, nous en subissons les conséquences, souligne Mohamed Abdallahi Seck.

Par ailleurs, de l’avis du Dg de Sahel Distribution, à l’horizon 2021, les besoins nationaux en produits pétroliers sont estimés à trois millions de tonnes, à cet effet, il explique qu’il faut prendre en compte les distributeurs indépendants dans la loi sur  le contenu local. En parallèle, il évoque la problématique des stocks, notamment le stock de sécurité et le stock outils. Selon M. Seck, le stock de sécurité (35 jours), c’est ce dont le pays a besoin pour satisfaire le marché local et le stock outils concerne les besoins du distributeur pour honorer les demandes de sa clientèle. Sur la même lancée, il renseigne que le stock stratégique sert à régler les besoins des unités stratégique de l’Etat comme l’armée. De l’avis du Dg de Sahel Distribution, la question qui se pose est de savoir, qui doit constituer ces stocks. Le Sénégal a un problème de stockage, et il faut réfléchir sur comment financer le stockage des produits pétroliers et qui doit le financer, campe le Dg de Sahel Distribution. Ce dernier dans un autre registre, se projette dans le cas d’un scénario pour le Sénégal. « Imaginons que toutes ces découvertes sur le gaz et le pétrole soient effectives pour le Sénégal, que le pétrole coule à flot, que la SAR soit une raffinerie rentable, que l’on est zéro importation de produits finis, que nous arrivons à satisfaire la totalité des besoins de nos voisins et que la problématique des stocks soient maîtrisés ». Ainsi, il formule le souhait d’un Sénégal avec une telle embellie dans le secteur des produits pétroliers.

Marketing et distribution des produits pétroliers au Sénégal

Le secteur de la distribution des produits pétroliers est en pleine mutation au Sénégal. C’est du moins l’avis de Hamady Sy, directeur Général de Total Sénégal qui déclare les clients sont devenus de plus en plus exigeants du fait de la concurrence et de la multiplicité de l’offre. Ces offres du secteur doivent être d’une qualité irréprochable, car il n’y a plus de fidélité des clients.  Il estime aussi qu’il y a sur le marché sénégalais, une mutation du parcours client et l’expérience client au niveau des stations. A l’origine, une station, c’est un endroit où on venait faire le plein de carburant, du vidange ; aujourd’hui, c’est un vrai espece de vie, décrit le Dg de Total Sénégal. Maintenant dans certaines stations, on peut y déjeuner, faire l’entretien de son véhicule entre autres, ajoute-t-il. De l’avis de Hamady Sy, on ne peut développer la distribution de produits pétroliers au Sénégal, sans nouer des partenariats forts. Il s’agit de transferts d’argent et de paiements mobiles, indique le Dg de Total Sénégal. De nos jours, on est arrivé au stade où personne n’imagine un client venir dans une station et ne pas pouvoir payer avec son compte mobile, constate-t-il. D’où pour lui, la nécessité d’avoir un certain ancrage local dans le cadre des services proposés à la clientèle. Ainsi, le Dg de Total Sénégal pense qu’il faut une montée en compétences des équipes dans les stations de commercialisation de produits pétroliers avec notamment la question de la sécurité. Par ailleurs, Hamady Sy informe que dans Total Sénégal qui est côté en bourse, il y a 30% d’actionnaires privés sénégalais. Il y a de petits porteurs et on est challengé par ces derniers, souligne-t-il. Au-delà du client qui vient dans la station, on a un client qui est propriétaire d’une partie de la société, parce qu’il est actionnaire, qui vous demande des comptes, qui vous demande d’évoluer et veut savoir vers quoi vous vous orientez, explique le Dg de Total Sénégal.

El Hadji Sady NDIAYE

Administrateur

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