Lancement officiel du projet DEFI-ARCHIPELAGO au Sénégal : Relever le défi de la formation des jeunes pour contrer l’émigration clandestine

 Lancement officiel du projet DEFI-ARCHIPELAGO au Sénégal : Relever le défi de la formation des jeunes pour contrer l’émigration clandestine

Trouver des alternatives à la lancinante question de l’employabilité des jeunes par le biais de la formation professionnelle. C’est toute la philosophie  du projet DEFI-Archipélago qui a été initié par l’Union Européenne à travers le Fonds Fiduciaire d’Urgence pour l’Afrique, pour permettre aux jeunes tentés par l’émigration clandestine de bénéficier d’une formation pour pouvoir s’insérer dans le monde de l’emploi ou se lancer dans l’entrepreneuriat. La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD), codemandeur principal du projet avec les Chambres sœurs des régions de Louga, Diourbel et Kolda, a abrité le lancement officiel de cette importante initiative en présence de la ministre du Commerce et des Pme, Mme Assome Aminata Diatta et des autorités de l’Union Européenne entre autres.

 

Une nouvelle ère dans la marche des institutions consulaires au Sénégal. La CCIAD avec les Chambres sœurs de Kolda, Louga et Diourbel vont dérouler le projet Défi-Archipélago  sur la formation et l’employabilité des jeunes. Ainsi, pour le président de la CCIAD, Abdoulaye Sow, « c’est une démarche innovante dans la mesure où, elle ouvre de nouvelles perspectives dans le cadre de la coopération consulaire et la solidarité entre les Chambres de Commerce de notre pays ». Il décrit qu’en plus de « doter de compétences aux jeunes, femmes et migrants de retour, le projet DEFI-ARCHIPELAGO contribue à la mise en place, au profit des Chambres impliquées dans le projet, de nouveaux services offerts aux Pme ». D’après Abdoulaye Sow, il convient de prendre en compte les articulations et points de convergence entre les problématiques des migrations, de l’emploi et de la compétitivité des entreprises dans le cadre du développement de formations duales. Il souligne que le projet DEFI-ARCHIPELAGO  est un consortium dirigé par l’APEFE (Association pour la Promotion de l’Education et de la Formation à l’Etranger), demandeur principal, qui est l’opérateur de développement des régions francophones de Belgique. L’APEFE est accompagnée de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Wallonie (CCIW), du Centre de formation et de Recherche en aquaculture (CEFRA) et de l’Université de Liège. Au niveau du Sénégal, le président de l’Institution Consulaire de Dakar, rappelle que c’est la CCIAD, codemandeur principal et l’Office National de la Formation professionnelle (ONFP), opérateur public autonome de formation, qui vont piloter le projet. Les trois Chambres de Commerce du Diourbel, Louga et Kolda viennent en tant qu’affiliées compléter et renforcer le consortium. De l’avis du président de la CCIAD, ce consortium collaborera, avec plusieurs acteurs de la formation professionnelle, notamment l’Agence Nationale d’Aquaculture (ANA), le Centre de formation Sénégal-Japon, le Centre sectoriel des Métiers du Bâtiment et des Travaux publics de Diamniadio et le CEFAM de Louga. Il précise également, que les organisations patronales et professionnelles sont des acteurs majeurs du projet.

Selon le président de la CCIAD, l’objectif global du projet Défi-Archipélago est « d’augmenter les opportunités d’emplois pour les jeunes chômeurs et migrants de retour dans les 4 régions du Sénégal. Il s’agit des régions de Dakar, Diourbel, Kolda et Louga. Mieux, pour Abdoulaye SOW, l’objectif spécifique du projet est de « renforcer les compétences techniques et l’employabilité des jeunes dans les secteurs du bâtiment/travaux publics (BTP), de l’eau para-agricole et de la transformation des produits agroalimentaires, en vue d’améliorer leur insertion sur le marché du travail ». Cet objectif clairement décrit, est le souhait formulé par Stéphan Plumat d’APEFE-Bruxelles et Paola Baldan, du programme Archipélago (SEQUA), qui par vidéo conférence, ont souhaité une réussite du projet au Sénégal.

Renforcer les compétences et l’employabilité des jeunes

Pour sa part, la ministre du Commerce et des Pme, Mme Assome Aminata Diatta, souligne que le lancement du projet Défi-Archipélago se tient dans un contexte « marqué par la recrudescence de l’émigration clandestine des jeunes ». Elle poursuit pour dire que face aux défis que constituent le chômage et le sous-emploi des jeunes, le gouvernement du Sénégal, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, a mis en œuvre un certain nombre de programmes au cours de ces dernières années. Ces efforts bien qu’ayant donné des résultats importants, n’ont pas permis de relever tous les défis, dira Mme Assome Aminata Diatta. Ainsi, elle salue « toute la pertinence du projet DEFI-ARCHIPELAGO ». Elle Exhorte tous les acteurs à renforcer davantage les compétences techniques et l’employabilité des jeunes bénéficiaires dans les secteurs porteurs déjà identifiés, notamment l’agriculture, les BTP et la transformation des produits agroalimentaires, en vue d’améliorer leur insertion dans le marché du travail. Elle n’a pas manqué en outre, de magnifier cette collaboration entre, le ministère de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Insertion, le secteur privé et son département. De l’avis de la ministre du Commerce et des Pme, la problématique majeure de la migration des jeunes, en particulier l’émigration clandestine « ne peut trouver une solution durable, qu’avec la définition d’une stratégie qui mobilise les différents acteurs ». Par ailleurs, elle a invité les partenaires techniques et financiers du projet, notamment l’UE, à examiner les possibilités de renforcement du projet, avec un financement beaucoup plus conséquent, pour non seulement élargir au niveau des régions concernées, mais également augmenter les régions bénéficiaires.

Une meilleure prise en compte des enjeux de formation et d’employabilité des jeunes

Selon Mme Cécile Tassin-Pelzer, Cheffe de Coopération à la Délégation de l’UE au Sénégal,  « la jeunesse et l’emploi des jeunes en particulier, revêtent une importance toute particulière pour l’UE. La jeunesse est au cœur de chacune de nos actions, parce que les jeunes sont le moteur de l’Europe et du Sénégal ». Elle mentionne que ce projet Défi-Archipélago a reçu, un financement d’un fonds spécifique de l’UE, dénommé ‘‘Fonds d’urgence’’ pour la stabilité et la lutte contre les causes profondes de la migration irrégulière en Afrique. Elle indique que l’UE est d’avis que pour « contribuer à la stabilité et en particulier à la stabilisation de la jeunesse, il faut réunir les ingrédients nécessaires à la création d’opportunités économiques, et proposer à cette jeunesse des formations qui collent avec les besoins et les réalités du marché ; et qui puissent alimenter de véritables projets de vie dans leur région ». Dans cette dynamique, la Cheffe de Coopération de la Délégation de l’UE au Sénégal explique que « l’UE souhaite au travers d’un projet comme celui-ci, développer et mettre en avant les opportunités économiques et de formations professionnelles, dans les régions du Sénégal, en particulier pour les jeunes. Elle soutient qu’il s’agit avec DEFI-ARCHIPELAGO, de proposer « des alternatives crédibles pour ne pas céder à la tentation dangereuse de la migration irrégulière et d’apprendre un métier, créer son activité. De l’avis de Mme Tassin-Pelzer, « ce que nous voudrions au final, c’est montrer que réussir ici, c’est possible (Tekki fii) ».

Parlant des détails du projet, elle indique qu’au finish, 450 jeunes seront formés, dont 300 en formation duale et 150 en entrepreneuriat, avec une attention toute particulière donnée aux jeunes migrants de retour, issus des régions ciblés et qui se destineraient entre autres, aux métiers de la transformation des produits agricoles.

 

El Hadji Sady NDIAYE

Administrateur

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