Fermeture des frontières CEDEAO – Mali : Les GES alertent sur les conséquences économiques pour le Sénégal

 Fermeture des frontières CEDEAO – Mali : Les GES alertent sur les conséquences économiques pour le Sénégal

Les Groupements Economiques du Sénégal (GES) ont organisé un point de presse, ce mercredi 02 février 2022, pour se prononcer sur la décision de la CEDEAO de fermer ses frontières avec le Mali. Une décision appliquée par le Sénégal et qui aurait des répercussions graves sur les activités économiques, notamment le transport et le commerce. Un mémorandum va être soumis aux autorités sénégalaises pour leur demander de rapidement trouver des solutions de sortie de crise. 

Sur le plan des exportations, le Mali est un partenaire de premier plan pour le Sénégal. En effet, plus de la moitié des exportations du pays vers la sous-région est destinée au Mali. La décision de la CEDEAO de fermer ses frontières avec ce dernier aura pour conséquence directe, l’arrêt des activités d’échanges commerciaux entre le Sénégal et son voisin de l’Est.

Impact économique lourd

Environ 1.346 camions de marchandises sont bloqués à la frontière entre les deux pays, a fait savoir Sohinbou Gueye, secrétaire général des GES. Une situation qui occasionne, par ailleurs, une crise humanitaire, car les chauffeurs et apprentis rencontrent, sur place, d’énormes difficultés pour se nourrir et se loger, ajoute-t-il. Pour Momar Sourang, représentant le collectif des transporteurs, pas moins de 4 millions de tonnes sont transportés chaque année vers le Mali. Il poursuit pour dire que des transporteurs avaient contracté des prêts bancaires pour acheter des camions servant exclusivement à assurer le fret sur le corridor Dakar-Bamako. Cette fermeture vient donner un gros coup d’arrêt à leurs activités et occasionnera un manquer à gagner conséquent. De l’avis de Ousmane Sy Ndiaye, secrétaire exécutif de l’UNACOIS Jappo, la libre circulation entre les deux pays ainsi que les activités d’échanges commerciaux permettent aux opérateurs économiques sénégalais, d’une part, d’écouler des marchandises et, d’autre part, de faire de nouvelles commandes. Avec cette décision, donc, les chefs d’Etat « remettent en cause cette liberté ». Par ailleurs, cette fermeture risque, si elle se poursuit, d’avoir un impact sur les prix au niveau des marchés intérieurs sénégalais et maliens, alerte-t-il.

Pour une sortie de crise

Regroupés derrière les GES, les opérateurs économiques ont montré la voie à suivre pour une sortie de crise rapide. Dans ce cadre, ils ont demandé au président de la République, Macky Sall, d’engager des négociations avec les autorités maliennes, immédiatement après sa prise de fonction à la présidence de l’Union Africaine (UA). Ils ont également demandé, comme première mesure effective, de permettre aux camions bloqués à la frontière de pouvoir effectuer la traversée car, selon Momar Sourang, ces véhicules avaient entamé le trajet bien avant la fermeture. Les groupements Economiques du Sénégal ont fini d’élaborer un mémorandum qu’ils vont soumettre aux autorités du Sénégal pour arriver à une levée rapide du blocus.

Sanou BADIANE

Administrateur

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