Crédits à l’exportation : Amadou Hott invite les pays européens à aller au-delà des règles de l’OCDE

 Crédits à l’exportation : Amadou Hott invite les pays européens à aller au-delà des règles de l’OCDE

S’exprimant lors du Forum d’affaires entre le Sénégal et l’Espagne tenu à Dakar, le ministre sénégalais de l’Economie, du Plan et de la Coopération a invité les pays européens à « aller au-delà des règles établies par l’OCDE » en matière de maturité des crédits à l’exportation. Il a profité de la présence du président du gouvernement Espagnol Pedro Sanchez qui est en tournée en Afrique, pour faire ce plaidoyer. L’objectif est d’augmenter les investissements privés espagnols au Sénégal dans le cadre du PAP2A.

La crise économique engendrée par la pandémie du COVID-19 a poussé le Sénégal à revoir son deuxième Plan d’Actions Prioritaires. Un plan qui va être ajusté et accéléré pour « remettre le Sénégal dans sa trajectoire de croissance d’avant COVID », explique Amadou Hott. Devant un parterre d’hommes d’affaires espagnols, il a rappelé que le PAP2A va se focaliser sur la sécurité alimentaire et la souveraineté sanitaire. Le plan prévoit également plus d’investissements dans le numérique, dans la protection des personnes vulnérables etc. Il a ainsi invité les hommes d’affaires espagnols à venir massivement investir dans le PAP2A dont 1/3 du portefeuille de programmes et projets sera couvert par le secteur privé.

Appel au secteur privé espagnol

Pour des investissements massifs des entreprises européennes, il est nécessaire, selon le ministre Amadou Hott d’aller au-delà des règes de l’OCDE surtout en ce qui concerne les délais de maturité des crédits à l’exportation. « Il y a la nécessité d’avoir des financements beaucoup plus longs avec une prime de risque réduite. Les pays comme l’Espagne et autres sont un peu enfermés dans ces règles de l’OCDE qui font que les maturités des prêts ne dépassent pas 13 ans. Ce n’est pas très compétitif », juge-t-il. M. Hott propose donc que dans le cadre des crédits à l’exportation, les financements soient beaucoup plus étalés dans le temps. « Il n’y a pas de raisons de ne pas avoir des financements beaucoup plus longs, sur 20 ans, 25 ans voire 30 ans. Cela rendra les offres des entreprises espagnoles encore plus compétitives », estime-t-il.

 Transfert de Compétences

L’autre point sur lequel Amadou Hott s’est épanché lors de son discours devant la délégation conduite par Pedro Sanchez, est la nécessité de renforcer les compétences des jeunes formés au Sénégal. Il souhaite ainsi que les ingénieurs et autres techniciens sénégalais, puissent capitaliser les compétences transférées par les experts espagnols pour relever le niveau de compétitivité des entreprises locales. Ces jeunes pourront à leur tour offrir le service à d’autres pays de la sous-région. Selon le ministre Amadou Hott, le volume d’échanges entre les deux pays se situe présentement à 450 millions d’Euro soit près de 300 milliards de FCFA.

Sanou BADIANE

 

 

 

 

 

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