Aviculture au Sénégal : Une production annuelle de 60 millions de poussins

 Aviculture au Sénégal : Une production annuelle de 60 millions de poussins

Favorisée par la fermeture des frontières aux importations de poulets, pour des raisons d’ordre sanitaire, la filière avicole sénégalaise déploie ses ailes. Les acteurs du secteur mettent sur le marché 60 millions de poussins chaque année. La révélation est faite par le directeur du Centre National d’Aviculture (CNA) de Mbao, docteur Makhtar Diouf qui rassure d’ailleurs sur la qualité des poussins. 

« Nous contrôlons les couvoirs que nous connaissons, mais il y a quand même des couvoirs clandestins qu’on est en train de débusquer petit à petit dans les quartiers », admet Dr Makhtar Diouf, directeur du Centre d’Impulsion pour la Modernisation de l’Elevage (CIMEL) de Mbao. Les couvoirs officiels qui produisent les 60 millions de poussins dont on a besoin sont contrôlés chaque année, révèle-t-il. Le spécialiste mentionne qu’il y a des missions qui sont menées au niveau des couvoirs et l’agrément délivré est annuel. Le Centre National d’Aviculture de Mbao et d’autres services du Ministère de l’Elevage font le contrôle et établissent un rapport avant que l’agrément ne soit donné au couvoir. Cet agrément donne chaque année le feu vert pour la production de poussins au niveau de chaque couvoir. 

Rude concurrence

Cependant, des membres de la Fédération des Acteurs de la Filière Avicole (FAFA), que nous avons rencontrés à Malika, ont émis des doutes sur la qualité de certains poussins. Un argument que ne partage pas le directeur du CNA de Mbao. « En général, le poussin est de bonne qualité au Sénégal », déclare-t-il. La capacité est telle que le premier couvoir qui commet l’erreur de donner de la mauvaise qualité va en faire les frais, avertit Dr Makhtar Diouf.  « La concurrence est rude dans la filière », poursuit-il. D’ailleurs, il conseille aux porteurs de projets qui veulent investir dans la production de poussins d’opter pour une autre spéculation.  « Lorsque la concurrence est forte, les acteurs sont obligés de faire la qualité », argumente-t-il.   

Test de qualité

Néanmoins, Dr Diouf reconnaît qu’il y a deux périodes de l’année où il y a une tension sur le marché parce que tout le monde veut du poussin. « C’est en ce moment que l’on a des poussins de mauvaise qualité », renseigne le spécialiste. « Si vous mettez les œufs à couver dans la machine et que 21 jours après les poussins sortent, il doit y avoir un tri. Car il y a des poussins qui sont en mal formation, qui ne sont pas de bonne qualité. Ceux-là on les élimine. C’est naturel », soutient-il. Seulement, en période de tension, la demande est tellement forte que le tri ne se fait pas convenablement. L’essentiel étant d’avoir des poussins à élever pour ne pas rater les opportunités qui se profilent avec les fêtes. « Durant les formations, l’on apprend aux éleveurs à reconnaître le poussin de bonne qualité et celui de mauvaise qualité », témoigne-t-il. Les techniciens du CNA de Mbao conseillent aux éleveurs d’ouvrir le carton au  niveau du couvoir, de sortir et d’éliminer tous les poussins qui ont tel ou tel autre signe. « On leur apprend un test de qualité : la plaie ombilicale doit être cicatrisée ; il ne doit pas être mouillé, etc. », insiste notre interlocuteur. Le poids du poussin d’un jour est compris entre 35 et 50 g, selon une norme internationale. 

Joseph SENE

Administrateur

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