Autosuffisance en riz : L’enseignant-chercheur Meissa Babou trace une « voie royale »

Pour bâtir la résilience et l’autosuffisance

L’enseignant-chercheur Meissa Babou trace une « voie royale »

Derrière chaque difficulté, se cache une opportunité. La pertinence de cet adage a été mise en évidence par la crise sanitaire du nouveau Coronavirus, qui a eu des répercussions au plan économique.  La vulnérabilité et les déficits, qui ont été ainsi révélés au grand jour, doivent pousser le Sénégal à redoubler d’efforts en vue d’inverser la tendance, de se construire une cuirasse contre les chocs et de se libérer du joug de la dépense extérieure. Conscient de cela, Meissa Babou, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), trace des pistes pour bâtir la résilience des entreprises et l’autosuffisance du pays.     

   

« Pour une résilience au plan national, à partir de nos entreprises, l’Etat doit, à partir d’une feuille de route très clairement définie et une vision de développement partagée, mettre en œuvre une nouvelle approche de sa politique de développement, bien sûr en s’appuyant sur des entreprises nationales ». Telle est la conviction de l’économiste Meissa Babou. Par exemple, poursuit-il, pour l’autosuffisance alimentaire, l’Etat peut mettre en branle tout un réseau de production pour obtenir à partir de nos entreprises agricoles, nos entreprises d’élevage et de pêche, les garanties d’une performance qui vont donner au Sénégal un développement et une croissance inclusive. « L’Etat n’aura peut être pas les moyens et que nos entreprises sont extrêmement faibles », fait-il observer, avant d’indiquer un passage obligé, c’est-à-dire les banques.

Engagement des entreprises

Il faudra, par conséquent, travailler le financement bancaire à partir d’une garantie de l’Etat pour que des moyens colossaux puissent être investis dans ces secteurs qui sont encore à l’état primaire, suggère-t-il. « Je crois qu’il y a du travail à faire. L’atteinte de ces objectifs demande encore des années. Il faut tout un quinquennat pour faire travailler autant d’entreprises, mais aussi autant de jeunes, dans une approche novatrice qui permettrait d’asseoir une production nationale de qualité, nous permettant d’approcher l’autosuffisance à défaut d’être dans la sécurité alimentaire », explique l’économiste. Cependant, le chemin menant à ce stade de développement économique est, pour le moment, parsemé d’embûches. Tant que nous avons un Etat faible financièrement parce que dépendant exclusivement de la fiscalité, ce qui ne peut pas lui donner les ressources nécessaires à ses ambitions, la tâche ne sera pas facile, renseigne-t-il. De même, estime l’économiste, tant qu’il n’y a pas un engagement patriotique et un engagement des entreprises nationales dans les grandes questions de développement au lieu de se concentrer seulement sur un secteur commercial ou bien un secteur de BTP, la bataille pour le développement économique ne sera pas aisée.

Développement inclusif

En outre, tant qu’on n’a pas des entreprises engagées dans ces secteurs de développement, la résilience ne sera pas possible, tranche Meissa Babou. « Il nous faut donc redistribuer les cartes et l’Etat doit jouer son rôle d’animateur pour orienter les stratégies, donner des possibilités et des gages, accompagner, mais aussi participer à la mise en œuvre de cette nouvelle option, en y  investissant également, et en cherchant les partenaires », insiste-t-il.

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